Avantnaissance
   
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Avantnaissance

Avantnaissance du troiziesme enfant de Madame la Duchesse de Ferrare

[for a full scholarly treatment, click his link]

This poem is a welcoming song for the third child of Renée de France, written before the child is born (Avant-naissance). We know two versions of this poem. The main differences are - as expected - related to religious precarious topics. The harangue against the pope from the original will have pleased the addressee, the pregnant mother, Renée de France, known for het evangelical sympathies; The second version though can be found in the Manuscript offered in 1538 to the Constable of France, Anne de Montmorency, conservative in matters of religion. For convenience I copy the poem twice, marking the two intrinsic changes using the colour blue.
Redundant piece of information : In 1941 the French composer Jean Françaix (1912-1997) included a musical setting for piano and voice of this poem in his L'Adolescence Clémentine (5 poèmes de Clément Marot; even pettier remark: this poem is no part of the original Adolescence Clémentine)

 

Manuscript Soissons (original version)

Before birth

Manuscript for Montmorency
Petit enffant, quelle sois, fille ou filz,
Parfais le temps de tes neuf mois prefix
Heureusement: puys sors du Royal ventre,
Et de ce monde en la grand lumiere entre.
Entre sans cry, viens sans peur en lumiere.
Viens sans donner destresse coustumiere
A ta Mere humble et qui Dieu t'a fait naistre.
Puys d'ung doulx ris commance à la congnoistre.
Apres que fait luy aura congnoissance,
Prens peu à peu nourriture et croissance:
Tant qu'à demy tu commances à parler,
Et tout seullet, en tripignant aller
Sur les carreaux de la maison prospere,
Au passe-temps de ta Mere et ton Pere:
Qui de t'y veoir ung de ces jours pretendent
Avec ton Frere, et ta Soeur qui t'atendent.
 
Viens hardiment, car quant grandet seras,
Et qu'à entendre ung peu commanceras,
Tu trouveras ung siecle pour aprendre
En peu de temps ce qu'enffant peut comprendre.

Hardiment viens, [car] ayant plus grand aage,
Tu trouveras encores d'avantage.
Tu trouveras la guerre commancée
Contre ignorance et sa tourbe incensée,
Et au rebours, Vertu mise en avant,
Que te rendra personnage sçavant
Et tous beaulx artz, tant soyent ilz difficiles,
Tant par moyens que par livres
Puys je suys seur, et on le congnoistra,
Qu’en ta naissance avecques toy naistra
Don de vertu et ton ame logé,
Si tu tiens rien de ceux qui t’ont forgé
 
Viens hardiment, et ne crains que fortune,
En biens mondains te puisse estre importune:
Car tu naistras, non ainsi paovre et mince
Comme moy (las), mais Enffant d'ung grand Prince.

Viens sain et sauf, tu peulx estre asseuré
Qu'à ta naissance il n'y aura pleuré,
A la façon des Traces lamentans
Leurs nouveaux nez, et en grant dueil chantans
L'ennuy, le mal, et la peine asservie
Qu'il leur failloit souffrir en ceste vie.
Mais tu auras (que Dieu ce bien te face)
Le vray moyen qui tout ennuy efface,
Et fait qu'au monde angoisse on ne craint point,
Ne la mort mesme, alors qu'elle nous poingt.
Le vray moien plain de joye feconde,
C'est ferme espoir de la vie seconde,
Par JESU CHRIST, vainqueur et triumphant
De ceste mort. Viens dont, petit Enffant:
Viens escouter verité revellée,
Qui tant de jours nous a esté cellée.
Viens escouter, pour âmes resjoir,
Ce que caphardz veullent garder d'oyr.
Viens veoir, viens veoir la beste sans raison,
Grande ennemy de ta noble maison.
Viens tost la veoir à tout sa simple creste,
Non cheute encor, mais de tomber bien preste.
Viens veoir de Christ le regne commancé,
Et son honneur par tourmens avancé
 
O siecle d'or le plus fin que l'on treuve,
Dont la bonté dedans le feu s'espreuve.
O bien heureulx tous ceulx qui le congnoissent,
Et encor plus ceulx qui aujourd'huy naissent.
Je te dirois encores bien d’autres choses
Qui sont sur terre, autour de ciel encloses,
Belles à l'oeil, et doulces à penser:
Mais j'aurois peur de ta Mere offenser:
Et que de veoir, et d'y penser tu prinsses
Si grant desir, que avant terme tu vinsses.
Parquoy (enffant) quelle soit(sois?), fille ou filz,
Parfais le temps de tes neuf mois prefix
Heureusement: puis sors du royal vendre,
Et de ce monde en la grant lumiere entre.

Little child, whatever you be, daughter or son,
perfect the duration of your nine prefix months.

Then into this world in great light

come without giving the usual distress
to the humble mother in whom God had you born,
then with a sweet laugh start to know her.
Once that is done you will have known her,
take, little by little, food and growth,
such that at a half you start to talk
and quite alone, pattering, walk
on the tiles of you prosperous house,
to the diversion of your mother and father
who aspire to see you one of these days
with your brother and your sister who await you
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

come and see of the earth and the sea the grand tour
with the sky that stretches all around
come and see so many fine ornaments
that each of them has received from nature;












I would tell you a hundred thousand things
which are on earth enclosed by the sky,
beautiful to the eye and sweet to the thought,
but I should fear to offend your mother;
And to see it and to think of it you should take
such a strong desire that you might come before the term!
Therefore (child) whatever you be, daughter or son,
perfect the duration of your nine prefix months!
 

Petit enffant, quelle sois, fille ou filz,
Parfais le temps de tes neuf mois prefix
Heureusement: puys sors du Royal ventre,
Et de ce monde en la grand lumiere entre.
Entre sans cry, viens sans peur en lumiere.
Viens sans donner destresse coustumiere
A ta Mere humble et qui Dieu t'a fait naistre.
Puys d'ung doulx ris commance à la congnoistre.
Apres que fait luy aura congnoissance,
Prens peu à peu nourriture et croissance:
Tant qu'à demy tu commances à parler,
Et tout seullet, en tripignant aller
Sur les carreaux de la maison prospere,
Au passe-temps de ta Mere et ton Pere:
Qui de t'y veoir ung de ces jours pretendent
Avec ton Frere, et ta Soeur qui t'atendent.
 
Viens hardiment, car quant grandet seras,
Et qu'à entendre ung peu commanceras,
Tu trouveras ung siecle pour aprendre
En peu de temps ce qu'enffant peut comprendre.

Hardiment viens, [car] ayant plus grand aage,
Tu trouveras encores d'avantage.
Tu trouveras la guerre commancée
Contre ignorance et sa tourbe incensée,
Et au rebours, Vertu mise en avant,
Que te rendra personnage sçavant
Et tous beaulx artz, tant soyent ilz difficiles,
Tant par moyens que par livres
Puys je suys seur, et on le congnoistra,
Qu’en ta naissance avecques toy naistra
Esprit docile, et cueur sans tache amere,
Si tu tiens rien du costé de la Mere.

Viens hardiment, et ne crains que fortune,
En biens mondains te puisse estre importune:
Car tu naistras, non ainsi paovre et mince
Comme moy (las), mais Enffant d'ung grand Prince.

Viens sain et sauf, tu peulx estre asseuré
Qu'à ta naissance il n'y aura pleuré,
A la façon des Traces lamentans
Leurs nouveaux nez, et en grant dueil chantans
L'ennuy, le mal, et la peine asservie
Qu'il leur failloit souffrir en ceste vie.
Mais tu auras (que Dieu ce bien te face)
Le vray moyen qui tout ennuy efface,
Et fait qu'au monde angoisse on ne craint point,
Ne la mort mesme, alors qu'elle nous poingt.
Le vray moien plain de joye feconde,
C'est ferme espoir de la vie seconde,
Par JESU CHRIST, vainqueur et triumphant
De ceste mort. Viens dont, petit Enffant:
Viens voir de terre et de mer le grant tour,
avec le ciel qui se courbe à l'entour,
Viens voir, vien voir maincte belle ornature
Que chascun d'eulx a receu de nature.
Viens veoir ce monde et les peuples et princes
regnans sur luy en diverses provinces
etnre lesquelz est le plus apparent
le roy Francoys qui te sera parent;
soubz et par qui ont esté esclarciz
tous les beaulx artz paravant obscurciz
 

O siecle d'or le plus fin que l'on treuve,
Dont la bonté dedans le feu s'espreuve.
O bien heureulx tous ceulx qui le congnoissent,
Et encor plus ceulx qui aujourd'huy naissent.
Je te dirois encores bien d’autres choses
Qui sont sur terre, autour de ciel encloses,
Belles à l'oeil, et doulces à penser:
Mais j'aurois peur de ta Mere offenser:
Et que de veoir, et d'y penser tu prinsses
Si grant desir, que avant terme tu vinsses.
Parquoy (enffant) quelle soit(sois?), fille ou filz,
Parfais le temps de tes neuf mois prefix
Heureusement: puis sors du royal vendre,
Et de ce monde en la grant lumiere entre.
 

 

 

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